Né le 1ier 1925 dans le village de Vsenory, non loin de Prague, Guéorgui est pour Marina LE fils qu’elle rêvait depuis toujours d’avoir. Cette naissance vient adoucir le traumatisme de la perte de la petite Irina, morte en 1920. Bientôt, on appellera plutôt le petit garçon « Murr » en hommage au chat des contes d’Hoffmann.

Mon fils est né un dimanche à midi.
En langue germanique, c’est un Sonntagskind, il comprend le langage des animaux sauvages et des oiseaux, découvre des trésors. La pierre de février, c’est l’améthyste.
Il est né pendant une tempête de neige.
(lettre de Tsvetaeva à Anna Teskova, 2 février 1925)



En 1939, Tsvetaeva et Murr partent en URSS. Façonné par les idées politiques de son père, le garçon croit en un avenir radieux. La réalité sera différente, même si son optimisme restera intact.
« C’est bizarre : les gens vivent en Union soviétique sans une once de soviétisme. Ils chantent des choses vulgaires. Ils n’ont pas la moindre idée du marxisme. » (12 mars 1940)

« Qu’ai-je appris depuis que je vis en URSS ? J’ai appris à vivre au jour le jour sans penser à l’avenir, puisque cet avenir ne dépend absolument pas de moi » (1 avril 1940)

« Mon grand privilège, c’est qu’il me reste beaucoup de temps à vivre, la vie est devant moi avec ses secrets, j’ai le temps de découvrir et d’admirer beaucoup de choses intéressantes, j’ai de grandes « réserves » ». (29 mai 1940)