La collaboration entre le poète Marina Tsvetaeva et le peintre Natalia Gontcharova dura peu de temps et n’eut pas le succès escompté. Mais ces deux artistes hors-normes ont des destinées tellement extraordinaires, similaires sur certains aspects et sans comparaison possible sur d’autres que l’on ne peut évoquer Tsvetaeva sans Gontcharova.

Ces deux artistes appartenaient à deux générations dorées et ont transformé leur art respectif, ne suivant jamais que leur conception. Gontcharova et son compagnon Michel Larionov s’installèrent à Paris pour suivre la troupe des Ballets russes de Diaghilev, à laquelle ils contribuèrent, en concevant décors, costumes et aussi mises-en-scène.

J’écris un long non-article sur Natalia Gontcharova, le meilleur peintre-femme russe, et peut-être le meilleur peintre tout court. C’est une personne remarquable. Elle n’est plus très jeune, mon aînée de 15 ans.

lettre a teskova, le 19 fevrier 1929

LE GARS

Tsvetaeva avait écrit un conte en russe, intitulé le Gars (Молодец). Il s’agissait d’une adaptation du conte d’Afanassief « le Vampire ». Il fut publié en 1924 dans sa version russe à Prague.

Arrivée à Paris, Tsvetaeva eut l’idée de traduire elle-même son texte en français. Après de longs mois de travail, c’est un texte entièrement réécrit qui vit le jour, bien plus qu’une « simple » traduction.

J’ai terminé le Gars. C’est mon unique espoir de gagner quelque-chose, mais il faut attendre.Il ne faut pas donner inconsidérément 6 mois de travail.

Lettre à Teskova, 17 octobre 1930

Gontcharova avait particulièrement apprécié l’oeuvre de Tsvetaeva et lui proposa de l’illustrer. Malheureusement, le texte ne trouva pas l’écho attendu et ne fut pas édité du vivant des artistes.

dessins de Gontcharova pour illustrer « le Gars »